Et ta pompe foulante
refoule du goulot
Redis donc ta bafouille,
Et prends ça de plein fouet
Mon nom est Caracouille
Je te l’enfournerai ! »
] Sélème :
« Ces strophes me rappellent les clafoutis
flans fourre-tout, gâteaux fouillis
propres aux jeunes foutriquets
enfourchant leur sonnet
Pour une simple foucade
et cherchant l’estocade
à califourchon
sur leur chanson »
¿’ Caracole :
« Quoi que tu foutes,
fouille-motte,
foule-crotte,
Jean-foutre du flot
Je n’aime pas ta prose
à petites foulées
Je ne goûte pas tes poses
Ta gueule de gorfou huppé
Qui te fournit ton fourrage
Sur ta colonne foireuse,
tes fagots d’assonances
tes petits-fours en hypallage ?
Qui te les fourgue pour ta jactance
sinon ta foule dévote et douteuse ? »
] Sélème :
« Respecte mes fournisseurs ici
Troubadour, et ne te fourvoie pas,
Ce sont les foulques et les fourmis
Je bats ma coulpe devant toi… »
¿’ Caracole :
« Qui te fournisse, fouchtra !
Je sors la lame du fourreau,
Et cette flamme de ma glotte.
Remballe ton fourbi falot
Car mes mots brûlent
parpaillote !
Pape des fours, Pied fourchu
Sont mes surnoms d’alquifoux
Puisque ma fournaise d’ange déchu
Forge ces strophes d’or fou
Approche donc, bonze fourbu
Qu’au tison je te fouaille
Si tu braises dans mon bronze
Ne jouis pas, défouraille ! »
Lorsque la mailloche s’abattit sur le gong, une clameur roula du tube d’écoute et se déversa dans le dôme : c’était la bronca des racleurs galvanisés. La verve de Caracole, la longueur de ses laisses, son style : tout portait. Pour eux j’entends, point pour les jurés, dont certains avaient froncé les sourcils sous la vulgarité de certaines avanies. Le score était désormais totalisé manche par manche et il s’afficha plutôt vite sur les cylindres : Sélème 68-Caracole 56. Nous n’avions repris que deux points. Je décidai d’assumer mon rôle de conseiller :
— Méfie-toi, Carac, les jurés n’aiment pas trop les coups bas. Reste dans un registre élevé, comme pour ta dernière strophe. Joue l’ironie, soit moins trivial !
— Message reçu, l’écuyère ! Rek ! Il m’a énervé avec ses vers graisseux !
‹› Pour rien au monde, je n’aurais voulu être à sa place. Je ne sais pas comment il faisait, Caracole, comment il pouvait être aussi fort, ne pas craquer face à ce moine cruel et malsain, cette méduse ramassée sur le sol. Rien que lui toucher le bras m’aurait dégoûtée. Je serrais la main d’Alme et celle de Steppe, pour me calmer, pour me sentir moins seule. Comme tout le monde, je crois, je trouvais ça injuste, cette joute, ces notes. Je ne voulais pas passer par le massif des Malachites, on ne méritait pas ça, aucune Horde, quoi qu’ait fait Golgoth. Sov m’épatait aussi. Il était entré livide dans le palais et, petit à petit, il avait repris du poil de la bête, il écrivait beaucoup, il tendait sa tablette à Caracole. Ils semblaient bien soudés, mignons ensemble, bien. « Ils vont gagner » me répétait Steppe, « on va gagner », « Carac est le meilleur troubadour du monde, petite source ! » Mais je n’en étais plus sûre, plus vraiment depuis une heure…
— Monseigneur Caracole, c’est à votre tour d’élire la syllabe qui rythmera la seconde manche du cappizzano. Que choisissez-vous ?
— Je choisis la syllabe « car » car je suis… Caracole !
x Ce fut au premier couplet de cette deuxième manche que je commençai à sentir possible une victoire. Après les palindromes, j’imaginais déjà notre trace dans les Malachites. Aux monovoyelles en O, je recensais l’équipement nécessaire au crivetz de haute montagne. J’avais vraiment espéré sur le stylibre et Sélème s’était révélé une nouvelle fois très solide. Puis subitement, il marqua ses premiers signes de fatigue. Il est probable que son isolement en haut d’une colonne, son ascétisme forcé, le rendait moins résistant à la pression publique. L’affrontement avait été jusqu’alors de très haut niveau et sans être spécialiste de rhétorique, j’en savais assez par ma formation d’aéromaître, pour mesurer l’intensité de la concentration qu’il leur avait fallu soutenir. Caracole, lui, tirait un profit rare de l’énergie ambiante, des rires du public, des frissons d’excitation qui parcouraient la salle, son vif s’en amplifiait. Il dégageait une fluidité charmante et graduellement moins saccadée.
] Sélème :
« Caracole va faire carpette
Devant mes vers escarpés
Il restera face à ma harpe
muet comme une carpe »
¿’ Caracole :
« Tes cadences ont des carences
Ta caravelle manque d’ailes
tant pis pour toi, tu perds le tempo
Excuses pour cet écart à ton égo
Mais l’ascaris troue l’escargot, yo !
Je suis Caracole le caracal,
Sphinx lynx serval
J’ai le verbe carnassier,
Le mordant, la dent dure
Sans carie ni caresse
J’ai la vitesse et la carrure
Quarte juste,
mi bécarre
Je contrecarre
et je t’ajuste ! »
] Sélème :
« Carré d’as, carré de roi
Cœur, trèfle, carreau
J’abats mes cartes
Je creuse l’écart, je crois ! »
¿’ Caracole :
« T’as rien dans la carafe
Plus de son dans le carillon
Alors tu cafouilles et tu piaffes
Caribou bèle qui veut du son !
Alors apprends, manchot,
Caracole rit du caritatif
Il va te laisser sur le carreau
d’arbalète, car il a le verbe hâtif ! »
] Sélème :
« Tu caricatures mon caractère
Tu provoques moult escarmouches… »
¿’ Caracole :
« Car je rime à coups de sphincters
et j’ai plus de pets en cartouches
que toi de mots en phylactère »
— Objection ! cria le scribe du stylite de sa voix de crécelle. Mon maître n’a pas pu terminer sa laisse !
— Objection rejetée ! gueula Golgoth, si fort que le juge de signe faillit chuter de sa chaise haute.
— C’est au juge de signe de décider de la qualité de l’objection, neuvième Golgoth, si vous me permettez ce rappel, tempéra l’arbitre.
— Objection rejetée ! confirma le juge de signe. Le cappizzano, forme moderne du stylibre, autorise – notre jurisprudence l’atteste – ce type d’interruption impromptue. La main échoit au stylite.
] Sélème :
« Toi, tu jases et tu jactes
des phrases sans impact
Tu parles en… »
¿’ Caracole :
« Mais où est donc Ornicar, stylite ?
Est-ce là une incartade ?
J’attendais fugues et ricercari
Et je n’entends qu’un ocarina
La mascarade désincarnée
D’un pâle briscard incarnat ! »
] Sélème :
« Tu parles en matelot de quart,
ton cargo carène en cale sèche.
Je suis le quartier-maître
D’une barcarolle sans vacarme.
Prends place dans ma caraque,
Ma caravane douce et calme »
¿’ Caracole :
« Tu caresses et tu câlines
Tu caramélises les sons
Tu carambouilles et tu babilles
Sans rime aucune, ni raison
Ton escarcelle n’a pas de billes,
Stylite à tort déifié,
T’es qu’un tocard qu’écarquille
La peur panique du brancard,
un scarabée à scarifier,
Que j’écartèle adagio
Quartier de barbaque, hip !
Carpaccio ! »
] Sélème :
« Heureux qui offre aux cardinaux
des manteaux de caracul,
et des camails en carmeline
mais toi, offres-tu des carlines,
et quel est ton écu ? »
¿’ Caracole :
« Moi j’offre des caracos
car je suis Caracole
et mes cariatides
ont des seins et un cul ! »
) J’avais désormais empoigné mon parchemin et j’écrivais sur l’envers à l’encre noire tous les mots comportant « car » que ma mémoire avait pu cumuler, les ordonnant au mieux par assonances, et Caracole, au sommet de son art, plongeait son regard sur la feuille, alpaguait un son, un mot, une note, il refixait le stylite et la salle chauffée à blanc, gonflée à bloc, il déclamait debout, arpentant le disque, jouant chaque laisse, précipitant la rime et le rythme, doublant les cadences, au point que le public n’écoutait et ne suivait plus que sa silhouette d’arlequin joyeux, l’encourageant dans l’hallali. Le stylite, pourchassé, aligna un nouveau couplet mollasse. Le sablier était presque vide. D’un bond, je me levai pour dire à Caracole de s’approprier la totalité du temps restant, afin d’avoir le privilège du dernier mot. Il hocha la tête et voilà ce qu’il sortit :
« Je crois, carne rare,
Carré sur ta colonne de carrare
de quatre mètres carrés,
qu’il est temps de carguer tes voiles !
Mets les bouts, ferle ta toile,
fuis en carriole, youhou !
Carapate vite ! Calte ! Décolle ! »
Le public commença à applaudir car le gong d’avertissement retentissait mais Caracole, loin de s’arrêter, n’en tint aucun compte pour libérer cette laisse torrentielle :
« Ta carapace à trois carats vaut pas un caramel,
je suis Carac du flot le carrousel naval,
le carnaval à rimes et à rondel,
l’aéromaître du mètre et du vers bancal,
qui t’emporte au carrefour,
puisqu’il te carambole
au seul point cardinal
où ta carrière s’éteint, pfff,
où ta carcasse s’étale
lâche ton cartable, carmélite,
ton carrelage
se délite…
Carpe diem
et détale ! »
π Le sablier cessa de couler. L’arbitre s’apprêta à reprendre la parole. Mais notre troubadour, d’un geste impérieux, l’arrêta. Il imposa à la salle un bref silence. Puis il énonça, avec une diction sobre, très claire, cette ultime tirade :
« C’est le carnet du carnage
écarlate et carmin
La rupture du cartilage
Escarres du cœur
tête au carré
Je te tranche la carotide
D’un seul mot :
Couic ! »
) Je ne prétends pas être objectif sur ce que j’écris ici-même. Après tout, j’ai toujours adoré Caracole, il a toujours été un ami infiniment précieux pour moi, une flaque de couleur éclaboussant toute chose, je l’ai toujours, et chaque jour un peu plus, admiré pour l’extraordinaire rigueur de sa désinvolture créatrice, mais là, pour moi, il avait été tout bonnement prodigieux ! L’ovation qui suivit ses dernières laisses était sans doute sans équivalent dans l’histoire du palais de la Neuvième Forme. Les jurés ne pouvaient y rester insensibles – et pourtant ! Ils nous pénalisèrent en refusant de tenir compte des strophes énoncées après le coup de gong final, soit plus d’une dizaine de vers ! Erg retint Golgoth qui s’était levé pour aller mettre aux jurés une « tête au carré » et Pietro s’efforça de nous refroidir le sang :
— C’est la règle les gars, il y a un temps imparti ! Tu as déjà pu couper deux laisses au stylite et tu lui as repris sept points ! Nous sommes à 76-71. Continue sur ta lancée, il est épuisé. Il faut absolument que nous gagnions en respectant les règles pour ne pas donner à l’Exarque le moindre prétexte. Vous me comprenez ?
— Oui, Pietro, mais avoue que cette joute est truquée !
— Le principe même qu’il y ait une joute est truqué. Tu le sais, Sov !
π Les hallebardiers firent évacuer les racleurs qui avaient envahi la salle. Le public s’était rassis. La dernière manche commence. Elle est « en cavale », c’est-à-dire sans autre contrainte que la liberté de plaire. Après l’exaltation de la deuxième manche, la tension mécaniquement retombe. Caracole reste tranchant. Il s’émousse un peu sur certains couplets. Le stylite fait moins mauvaise figure avec des vers préparés qu’il récite. Dans l’ensemble, notre troubadour domine de la tête et des épaules. Moins académiques, ses laisses sont aussi plus variées et elles frappent, pleines du chaos des voyelles. À mes côtés, Golgoth sent comme moi la victoire possible. La gorge usée, il couvre de sa voix le stylite dès qu’il prend la parole. Mais pour Caracole, il assure une bordée d’applaudissements continus qui forme une cadence sur laquelle s’appuie notre troubadour. Je jette encore un regard au sablier. Il reste peut-être trente secondes. Caracole prend à nouveau la main. Il sait qu’il doit tenir jusqu’au bout, jouer long, ne pas rendre la balle au stylite, lui voler proprement son tour. Et il le fait ! La salle frémit, se recueille puis explose :
« Charabia, baragouin
Palabre et baratin
Chichi, flafla
Blabla, esbroufe
Que de sons tu étouffes
sous ta prose de palatin !
Tu soliloques tes litanies
Tes homélies en stock
Tu grandiloques, mon chéri
Mais je prends ton tour – et roque !
Car Carac a la faconde
Le flot le flux l’onde
La verve virtuose
Qui tue, qui flue, qui ose !
Le moine est ramollo
Flagada, flapi, à plat
Il caquette et jacasse
Il jase en trémolo
ses mots d’Hordre
contre mes mots de passe
En un mot comme en sang :
Qui ne dit mot consent !
À mots ouverts, je passe »
‹› À côté de moi, Coriolis est en larmes, elle sanglote d’émotion, elle enlace Larco, ravagée par la tension. La salle se secoue comme un chiot mouillé, les gens se lèvent pour acclamer ou alors ils s’ébrouent, sifflent et se rassoient. Les yeux de Coriolis sont d’un bleu magnifique, le sang afflue dans ses lèvres, Larco l’embrasse, elle se laisse faire, elle profite. Je regarde Steppe qui s’est levé à son tour et surveille ce qui se passe derrière nous.
— Je vous demande encore un peu de patience. Notre scorie va afficher le résultat de la joute…
Sous le nom de Sélème, sculpté en grosses lettres de bois, tournent deux cylindres. Le premier se bloque sur le chiffre 8. Le second cliquète, tournique et s’arrête sur le 5 : « 85 » ! Toute notre horde se tient côte à côte, bras dessus dessous. Chacun retient son souffle, j’ai l’impression que je vais m’évanouir. Sur la scène, Caracole et Sov sont main dans la main face au portique d’affichage. C’est à nous : le premier cylindre enclenche un 8, le second est sur le 1. Il tourne… Il monte à 2, puis à 3, puis passe à 4, puis à 5, les racleurs hurlent à l’extérieur du palais, la salle ruisselle de chuchotements, la chaleur me monte aux joues. On attend tous le 6. Le 6 ! Mais le scorie décroche sa manivelle du portique et la pose, tout gêné, sur le sol. Le maître de cérémonie monte alors sur la scène, je n’y comprends rien :
— Votre Altesse, Messeigneurs et Amis, il sera dit que cette joute ne ressemblera à aucune autre. Nos jurés, en leur âme et conscience, en respectant scrupuleusement le barème de notation éprouvé qui est le leur, aboutissent à ce résultat peu commun : l’égalité parfaite entre nos deux champions ! Ce cas, qui est prévu dans nos règlements, ne peut se résoudre que par une épreuve de départage.
— Oooohhhh !
— Celle-ci, je m’en excuse par avance auprès de la Horde, est laissée au choix du perdant de la troisième épreuve. Le privilège est donc accordé à Sélème de choisir la nature du duel final par lequel il souhaite affronter son adversaire. Souhaitez-vous, auguste stylite, vous retirer quelques instants pour délibérer avec votre scribe ?
— Ce ne sera pas nécessaire, maître. Mon choix est fait. Je choisis l’escalettre.
— Monseigneur Caracole souhaite-t-il pour sa part se retirer avec son scribe ?
— Oui, je le souhaite, maître, si cela s’avère possible.
— Bien entendu. Un palatin va vous accompagner.
) Un palatin nous fait pénétrer dans une petite tour étroite qui se trouve derrière le gradin opposé à l’entrée et qui sert en fait de pilier au dôme. Nous grimpons un colimaçon et le palatin nous laisse dans une petite salle circulaire, vitrée d’un miroir sans tain. À travers ce miroir, nous pouvons observer à la fois les gradins où le public s’agite et, au-delà, derrière les parois du palais, la foule des racleurs sur la plate-forme.
— Escalettre, c’est boule de neige, c’est ça ? Une phrase qui commence par un mot d’une lettre, puis continue avec un mot de deux lettres, puis de trois, de quatre, ainsi de suite, celui qui gagne est celui qui va le plus loin ?
— Oui, Sov.
— Pourquoi il a choisi ça ?
— Parce que c’est facile et qu’il est épuisé.
— Tu crois que tu vas t’en sortir ?
Caracole a posé son front contre le miroir de la salle. Il ferme les yeux de longues secondes sans répondre. Il grimace d’une façon douloureuse, il souffle.
— Ça ne va pas bien, Carac, tu es crevé ?
— Écoute-moi bien Sov… Je vais perdre cette joute…
Je prends sa phrase comme un pain de glace. À vrai dire, elle a été prononcée avec un ton ambigu qui me pousse à lui demander :
— Tu vas la perdre ou tu veux la perdre ?
— Je vais la perdre.
L’équivoque n’est pas levée. Je reste bloqué, incapable de comprendre.
— Je vais monter un escalettre de dix-neuf. Mais il fera vingt.
— Comment tu le sais, barnak ?!
— Ça n’a pas d’importance, écoute-moi ! Tu vois ce type habillé de velours vert à deux rangs derrière l’Exarque ?
— Avec le bicorne noir ?
— Oui. Son nom est Maskhar Lek.
— Et alors ?
— Alors il est venu pour me tuer. À dix-huit mots, le public va croire que Sélème a gagné. Je vais alors monter à dix-neuf, saluer l’assistance, féliciter Sélème et me retirer en annonçant ma défaite. Tu me suis Sov ? Ensuite, je vais sortir rapidement du palais, escorté par quatre palatins. Maskhar Lek va alors se lever. Il fera le tour du gradin par la gauche, il va descendre l’escalier central en saluant du bicorne, par deux fois, l’Exarque. Ensuite, il va passer au pied de la scène et se frayer un passage jusqu’à la sortie. Tu dois l’arrêter à ce moment-là.
— Comment ?
— Comme tu peux. Stoppe-le ! C’est une question de vie ou de mort.
— Carac, tu es sérieux ?
— Erg ne connaît pas cet homme. Il ne pourra pas anticiper ce qu’il prépare. Toi seul es au courant, toi seul peux l’arrêter : il ne se méfiera pas d’un scribe.
— Mais qui est ce type, par les Vents Vieux ? Qui l’envoie ? Et pourquoi veut-il te tuer ?
— C’est une longue histoire, Sov. Dans la Poursuite, on ne pardonne pas aux traîtres. Il sait qui je suis devenu. Il a des ordres.
— C’est un maître tueur ?
— Non, pas au sens où Silène en était un. Il est empoisonneur. Il opère de préférence dans les réceptions à la cour, les banquets en l’honneur des vainqueurs… Tu saisis mon problème ?
— Non, je ne saisis pas.